Sun Feb 9, 2020 5:39PM
Zoom Afrique du 9 février
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Sommaire de la rédaction

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Analyse de la rédaction 

1- Mali : les USA vraiment anti-occupation ? 

Alors que l’armée malienne vient de prendre le contrôle de l’une des bases de la Minusma, les États-Unis jouent une perfide, mais subtile partition : la Mission de paix de l’ONU au Mali (MINUSMA), avec le mandat actuel, n’est pas indiquée au contexte malien. C’est cette position que les États-Unis ont aussi défendu lors de la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU qui s’est tenue le mercredi 15 janvier 2020. Est-ce pour accélérer le retrait des troupes étrangères ? Ne nous y trompons pas ! Écoutons la suite du discours : « Nous devons reconnaître que les missions de maintien de la paix ne sont pas la réponse aux menaces terroristes croissantes au Mali », a déclaré l’ambassadrice américaine adjointe à l’ONU, Cherith Norman Chalet. Elle a également souligné que la Minusma devait arrêter de soutenir l’application d’un Accord de paix signé en 2015, peu respecté par ses signataires, et qu’elle devrait « se focaliser sur la protection des civils ». Et l’ambassadeur de poursuivre : « Le mandat de la Minusma aurait été adapté au cas malien si le gouvernement avait en face une rébellion et qu’il fallait une force internationale pour faire cessez les hostilités afin de protéger les civils. »
Mais, ce n’est un secret pour personne que le MNLA a été phagocyté par les réseaux terroristes, notamment par les satellites d’Al-Qaïda au Maghreb et l’État islamique comme le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) ou « Jamāʿat nuṣrat al-islām wal-muslimīn » (JNIM, une organisation militaire et terroriste d’idéologie salafiste jihadiste formée en mars 2017 grâce à la fusion d’Ançar Dine, du réseau d’Al-Qaïda au Maghreb islamique -AQMI dans le Sahel, de la Katiba de Macina et de celle d’Al-Mourabitoune) qui a revendiqué l’attaque de la gendarmerie de Sokoto ». Et d’ajouter : « La Minusma n’est attaquée au Mali ni par des rebelles ni par des forces loyalistes. Mais, par des terroristes lourdement armés puisque disposant de moyens inimaginables pour tenir non seulement tête aux FAMa, mais aussi aux forces internationales comme Barkhane ». On le voyait venir, les États-Unis cherchent tout bonnement à négocier son soutien à la France et le faire chèrement payer sans aucun égard pour les Maliens qui eux exigent le retrait de toutes les forces d’occupation. C’est la façon trop américaine pour prolonger l’occupation. Les États-Unis n’ont pas plus intérêt à aider le Mali, que la France ou la Russie. Ils défendent simplement, au nom de l’impérialisme, leurs intérêts opposés à ceux du peuple du Mali.

2- Ingérence US : le Cameroun riposte

La semaine dernière la France a fait la fête à Kampto le traitant comme un président alors qu’il haranguait « la diaspora camerounais en plein Paris. Or la riposte n’a pas tardé : le 6 février 2020, une délégation de responsables de l’opérateur pétrolier russe Lukoil a été reçue en audience par le ministre camerounais de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba. Selon Investir au Cameroun, l’entreprise pétrolière russe est venue poursuivre les discussions entamées en octobre 2019 lors du Sommet Russie-Afrique, au sujet de la réhabilitation de la Société nationale de raffinage (Sonara). En effet, l’on se souvient qu’a l’issue du sommet de Sotchi, les autorités camerounaises avaient annoncé avoir pris langue à ce sujet avec de grands groupes pétrogaziers russes. De ce point de vue, l’arrivée des responsables de Lukoil au Cameroun montre l’importance que cette entreprise accorde au contrat de réhabilitation de l’unique raffinerie de pétrole du Cameroun, ravagée par un incendie le 31 mai 2019. Cet intérêt peut s’expliquer par le fait que Lukoil a déjà des actifs dans le secteur pétrogazier dans le pays. À la différence de ses compatriotes Rosneft (inconnu au Cameroun), ou encore Gazprom, qui n’est qu’off-taker (acquéreur exclusif) du gaz produit par l’unité flottante de liquéfaction de Kribi, dans le sud du Cameroun ; Lukoil est détenteur de 37,5 % des actifs sur la licence d’exploration Etinde. Ce permis couvre une superficie de 2 316 km2 dans la région du Sud-Ouest du Cameroun. Pour rappel, l’incendie du 31 mai 2019, qui a consumé plus de 10 000 m3 (10 millions de litres) de pétrole brut, a totalement endommagé 4 des 13 unités de production de la Sonara, contraignant le Cameroun a importé tous les produits pétroliers finis consommés dans le pays depuis le sinistre. Les travaux de réhabilitation devraient s’achever avant 2021, selon les prévisions gouvernementales. Ce choix, Total devra s’en souvenir pour bien longtemps.